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Depuis notre arrivée, je vous ai fait miroiter le côté carte postale de la Nouvelle-Calédonie. Et c’est vrai que cette île est fabuleuse avec des paysages magnifiques et par endroit réellement préservés de la main de l’homme. Mais comme partout, tout n’est pas mirifique. En tant qu’expat, nous avons plutôt une belle situation avec un logement de fonction et une qualité de vie proche de celle de la métropole. Ce n’est pas le cas d’une bonne partie de la population, surtout locale. Nouméa, à elle toute seule, regroupe un tiers de la population Calédonienne (100 000 habitants sur 270 000 ). Les tribus de la grande terre et des îles loyautés se vident, les jeunes et moins jeunes viennent chercher du travail en ville, essentiellement à Nouméa ou tout au Nord dans le nickel (grosse part des revenus de la Calédonie). Résultat, les loyers explosent dans la capitale alors que les salaires restent bas (le smic est inférieur ici à celui de la métropole alors que le coût de la vie y est plus élevée). On voit donc apparaitre dans tous les recoins de la ville des squats. Ceux-ci sont « reconnus » par les autorités, on peut se raccorder à l’électricité et à l’eau. Ca vous donne ce genre de formulaire à l’école pour la visite médicale :

 

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Ce qui m’a choqué en arrivant de métropole c’est le fonctionnement daté de certains services. On a parfois l’impression de revenir 10 ans en arrière. Le recyclage est plutôt timide, pour le verre les canettes et le papier des containers sont accessibles à plusieurs endroits de la ville ou dans les parkings des supermarchés mais pour le plastique, le carton, les boîtes de conserve il faut se  déplacer en déchèterie (pas sûr que tout ne passe pas finalement aux encombrants…) Les sachets plastiques (poches / cornets) se distribuent encore largement, sans modération. La population n’a pas l’air de se préoccuper beaucoup de ces questions d’environnement, de nombreux déchets traînent dans les rues… C’est dommage. Il n’y a pas vraiment de réelle prise de conscience dans ce domaine.

Lorsque je parlais d’une remontée dans le temps,  cela vaut aussi pour Internet, ou le dégroupage total n’existe pas, on fonctionne avec deux téléphones : un pour les appels locaux et ceux vers l’étranger ou la métropole. Les prestataires sont différents de ceux auxquels nous sommes habitués.  A l’école, on tente de lutter contre l’obésité et les problèmes de diabètes mais des goûters pas toujours light sont encore servis d’office à la maternelle.

 

Il n’en reste pas moins que les gens qui vivent ici sont tous accueillants et ont le sourire. Hormis peut-être la jeune génération. Nous habitons à côté d’un lycée, et le regard des jeunes kanaks sur nous les blancs de métropole est parfois dérangeant. On sent chez eux pas mal de désoeuvrement. Est-ce dû à la difficulté de gérer le  clivage entre coutume, liens familiaux et claniques forts face à un shéma français peut-être pas toujours adapté ? D’ailleurs un des gros fléaux de la Calédonie, c’est l’alcoolémie. Le gouvernement a imposé des restrictions sur la vente d’alcool tellement le problème est imposant et joue sur la sécurité routière. Le nombre d’accidents de la route est impressionnant, la Nouvelle-Calédonie détient un triste record en matière de mortalité routière. Le mercredi, vendredi et samedi après-midi la vente d’alcool est interdite sur tout le territoire. Cela ne nous empêche pas de croiser nombre d’individus éméchés. La nuit il vaut mieux rester prudent lorsque l’on prend le volant.

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